Cécile Renoult est une artiste visuelle et critique d’art indépendante basée à Tiohtià:ke/Mooniyang/Montréal depuis 2022. Après un baccalauréat en philosophie, elle se forme en art à l’École Supérieure d’Art et de Design de Reims et à l’Université de la Sorbonne. Elle poursuit actuellement un doctorat en études et pratiques des arts à l’Université du Québec à Montréal. Son travail plastique, distingué par le Prix Prisme (2021) et le Prix Journiac (2022), a notamment été présenté au centre d’exposition Art-image de Gatineau (2025), à l’Union Française de Montréal (2024), à Céline Bureau (2023) et à la Galerie Michel Journiac (2022).
Sa démarche interroge les ambivalences du silence et du langage à travers une pratique multidisciplinaire. D’une part elle fait émerger des récits de voix silenciées, que ce soit celles d’animaux exploités dont l'histoire n'est jamais racontée, de femmes agressées dans l'histoire de l'art occidental pour le plaisir du regard masculin, ou encore d’ouvrièr·es contemporain·es dont les archives ne gardent nulle trace. D’autre part, ayant le sentiment de vivre dans un vacarme médiatique où les puissants semblent parler toujours plus fort, elle crée des espaces de silence pour que les petites voix soient entendues, inversant les processus de silenciation qui ont toujours servi le patriarcat, la colonisation et le capitalisme. Inspirée par la littérature écoféministe et par le « monde indisponible » conceptualisé par Hartmut Rosa (cet environnement que l’on ne peut saisir dans sa totalité et que l’on ne peut donc ni posséder ni contrôler), elle crée aussi des espaces de vide, de silence et d’impuissance sereine pour se dessaisir du monde et le laisser vivre hors du contrôle du regard humain. Enfin, le silence dans son travail dit autant que ce qui est raconté. En donnant à voir le silence, elle évoque les traces et les bouillonnements qui naissent de l’indicible et évoque ce qui dépasse le langage, comme le secret ou la honte, sans le dénaturer. En abordant ainsi à la fois le silence et le langage, elle explore les tensions dont ils sont porteurs et les enjeux qui traversent leur relation et leur équilibre.
Cécile Renoult is a visual artist and independent art critic based in Tiohtià:ke/Mooniyang/Montreal since 2022. After completing a bachelor's degree in philosophy, she trained in art at the École Supérieure d'Art et de Design de Reims and at the Université de la Sorbonne. She is currently pursuing a PhD in art studies and practices at the Université du Québec à Montréal. Her artistic work, distinguished by the Prix Prisme (2021) and the Prix Journiac (2022), has been presented at the Art-image exhibition centre in Gatineau (2025), at the Union Française de Montréal (2024), at Céline Bureau (2023), and at Galerie Michel Journiac (2022).
Her practice interrogates the ambivalences of silence and language through a multidisciplinary approach. On one hand, she brings forth narratives of silenced voices, whether those of exploited animals whose stories are never told, women assaulted in Western art history for the pleasure of the male gaze, or contemporary workers of whom archives keep no trace. On the other hand, feeling immersed in a media cacophony where the powerful seem to speak ever louder, she creates spaces of silence so that small voices can be heard, reversing the processes of silencing that have always served patriarchy, colonization, and capitalism. Inspired by ecofeminist literature and Hartmut Rosa's concept of the "unavailable world" (an environment that cannot be grasped in its totality and therefore can neither be possessed nor controlled), she also creates spaces of emptiness, silence, and serene powerlessness to relinquish the world and let it exist beyond the control of the human gaze. Finally, silence in her work speaks as much as what is narrated. By making silence visible, she evokes the traces and upheavals born from the unspeakable and addresses what exceeds language, such as secrecy or shame, without distorting it. By engaging with both silence and language, she explores the tensions they carry and the issues that traverse their relationship and balance.
photographie : Eva Bernard
Expositions collectives
2025
Traces et retours, Galerie JANO, Montréal
Exposition de la rentrée culturelle, Maison France-Montréal
Devenir chez-nous, Centre Art-image, Gatineau
2024
Résidence de trois mois et cycle de trois expositions, Union Française de Montréal
2023
Exposition des membres, Céline Bureau, Montréal
2022
La peau dure, La fileuse, Reims
Juste avant, galerie Michel Journiac, Paris
2021
If there is sentient life in other parts of the universe, there is music too, The left place, the right space, Reims
In(errance) III, Bibliothèque Interuniversitaire de La Sorbonne, Paris
2018
Nourrir, ce nourrir, Galerie SometimeStudio, Paris
Féminité(s), Hôtel Mercure, en partenariat avec l’Institut Jean Godinot, Reims
Meuseum, Résidence et exposition collective, en partenariat avec le PNR des Ardennes
2017
Paréidolie, centre d’art CAMAC, Marnay-sur-Seine
Publications récentes
2025
Portrait - L’orchestre d’hommes-orchestres, Vie des arts n°277
In the light of a reborn pain, contribution au catalogue de l’exposition de Tania Mouraud, Vytautas Kasiulis Museum of Art, Vilnius, Lituanie
2024
Faire connaissances, texte de salle, exposition de Marianne Mispelaëre, Centre d’art Ygrec - ENSAPC 2024
Faire connaissances, texte de salle, exposition de Marianne Mispelaëre, Centre d’art Ygrec - ENSAPC 2024
Pourquoi les collines pleurent-elles ?, communiqué de presse, exposition de Tania Mouraud, galerie Claire Gastaud, Clermont-Ferrand
Amer Béton, texte de salle, exposition de Valentin Tyteca, centre d’art The left place, the right space, Reims
Tania Mouraud, encore une fois, monographie coécrite avec Tania Mouraud et Perrine Le Querrec, 96p. éditions Alternatives (Gallimard)
À choeur et à cri, texte de salle, exposition de Tania Mouraud, galerie Ceysson & Bénétière, Saint-Étienne
2022
EKES – Écoféminisme(s) et art contemporain, Les presses du réel x ESAD de Reims, contribution p. 136-137
EKES – Écoféminisme(s) et art contemporain, Les presses du réel x ESAD de Reims, contribution p. 136-137
Comment devient-on créateur.ice ?, Les presses du réel x ESAD de Reims, contributions p.39, 158, 182, 183.
[DIRE], catalogue d’exposition (Tania Mouraud) Espace LABF15, Lyon